Franciliennes des Animateurs d'Ateliers d'Ecriture
7 Mai 2009 - Cergy-Pontoise
Télécharger le compte-rendu : ici

Merci à Albert pour son aimable contribution à notre manifestation www:albertdessinateur.com
Ouverture
de la journée par Philippe Raimbault, Président de l’association
Mots Migrateurs et Nathalie Fremaux, atelier d’écriture
Phaïstos
Philippe
Raimbault présente l’Association « Mots migrateurs »,
collectif d’écrivains, à Cergy-Pontoise (95). Elle a pour objectifs
de permettre à des écrivains, des auteurs, de se rencontrer
régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous
toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les
écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre
l’écriture contemporaine autrement.
Il informe les participants du contexte dans lequel est née l’idée
des Premières Rencontres Franciliennes des Animateurs d’Ateliers
d’Écriture.
Nathalie Fremaux expose sa démarche pour recueillir les témoignages
d’animateurs d’ateliers d’écriture à l’occasion de l’écriture
de Concevoir et
animer un atelier d’écriture à visée
littéraire, édition
Chronique Sociale, juin 2009.
Témoignages
d’animateurs d’ateliers d’écriture :
Catherine Cholesky - Les ateliers du Talisman - Petite fabrique de
poésie
Catherine
Cholesky a créé ses premiers ateliers réguliers et stages pour
adultes en 1997. Ils associent écriture et arts graphiques. Elle
anime également des ateliers d’accompagnement individuel et
personnalisé pour enfants et pour adultes.
Philippe
Raimbault - Ateliers d’écriture Mots
Migrateurs
Les ateliers de
Philippe Raimbault s’adressent à des adultes souhaitant avancer
dans leur projet d’écriture personnel. Il anime depuis trois ans
deux ateliers d’écriture pour adultes. Il intervient également en
milieu scolaire, universitaire et dans le cadre de manifestations
culturelles. Philippe travaille depuis 20 ans l’écriture dans le
cadre de travaux croisés entre plasticiens et auteurs.
Marie
Souffron
Marie Souffron
anime des ateliers sur le thème de la généalogie. Elle fait écrire
les participants à partir de leur histoire familiale. Elle anime
également des ateliers en milieu scolaire.
Nathalie
Fremaux - Atelier d’écriture Phaïstos
Nathalie Fremaux
anime des ateliers d’écriture pour adultes et des ateliers
d’écriture en milieu scolaire, adossés à des projets arts
plastiques.
Sébastien Onze - Points de suspension
Depuis 2000,
Sébastien Onze est animateur d’ateliers réguliers, ponctuels et de
stages. Il effectue également des missions ponctuelles auprès
d’organismes (hôpitaux, associations, centres culturels…). Ses
ateliers sont destinés à tout type de public.
Présentation
et diffusion des résultats de l’enquête réalisée auprès de 28
animateurs d’ateliers d’écriture par Nathalie
Fremaux.
Déjeuner
– échanges libres
Tables
rondes
Compte-rendu de Marc Lequenne sur le thème « Varier les
contenus »
1)
Catherine
Catherine
s’inspire beaucoup de la poétique de
l’espace de Gaston
Bachelard. Elle favorise ce qu’elle appelle « l’effet de
surprise » en faisant choisir par ses participants des
« petits papiers » contenant le thème propre à travailler
par chacun. Elle aime également les thèmes énigmatiques à
développer tels que « la main qui parle ». Elle fait de
même travailler selon le principe de l’écriture automatique, qui
n’est suivie dans ce cas d’aucune lecture par les
participants.
Enfin, elle favorise l’éclosion d’une écriture graphique, par
l’élaboration, par exemple, d’un blason.
2)
Dominique
Dominique avoue
ne pas être un grand lecteur, bien que féru de Lacan et de
Baudrillard.
Sa conception de l’écriture est celle d’un art s’inspirant de
l’oralité et plus spécialement du théâtre.
La fonction du comique lui paraît essentielle pour franchir les
obstacles inhérents à l’écriture.
La pratique du comique permet de rebondir sur n’importe quel thème.
Pour Dominique, la notion de plaisir ne doit jamais être oubliée en
matière d’écriture.
Un atelier type est constitué comme
suit :
mise en
route ;
thème et épuisement du thème ;
détournement du thème par l’ironie et le comique.
3)
Laurent
N’est pas
animateur d’atelier lui-même mais « blogueur » (à noter à
cette occasion l’importance de l’écriture pour blog et le net,
encore peu abordée d’une façon générale).
Se consacre à l’ébauche de souvenirs d’enfance et de
famille.
4)
Marie-Stephanie
Elle nous
apporte son témoignage de participante à un atelier d’écriture
parisien : « les tisserands des mots », caractérisé
par un « changement d’angle » par rapport aux standards
classiques des ateliers. La pratique de cet atelier consiste en un
commentaire « avec ses mots » d’un texte littéraire
court. L’animateur insiste ensuite sur le champ lexical utilisé par
le participant. Dans ce contexte, l’accent semble mis sur la
« forme », privilégiée par rapport au fond. Écriture
d’acrostiches ou faisant appel à un imaginaire formel.
5)
Marc
Ses
principes :
Intertextualité.
On ne crée rien ex-nihilo.
Rompre avec la
pose romantique du « génie créateur. » On peut
« pomper ». C’est même recommandé. Voir Racine, La
Fontaine, Corneille, Molière et les grecs et les latins…
etc.
Une
formule : CQFD
Critique
abolie
Quantité d’abord
Farfelu bienvenu
Développement systématique
Connexion au
cerveau droit
Utilisation
de la « carte mentale ».
Enfin,
lors d’une année d’atelier, soit 14 séances, celles-ci sont
constituées de la façon suivante :
3/4
techniques de la créativité littéraire ; 3/4 sur la poésie
(haïkus ; formes libres) ; 3 sur le théâtre, le sketch,
le dialogue ; 3 sur la nouvelle.
On aborde ainsi tous les genres littéraires dans l’ordre de leur
apparition dans l’histoire de la littérature : poésie épique
lyrique, théâtre, roman-nouvelle.
Accent mis sur les trésors de notre littérature classique.
Exemple : les lettres de Madame de Sévigné qui écrivait pour
ne rien dire (mais « disait » beaucoup et avec grâce et
talent) et sans envisager d’être publiée.
Compte-rendu de Françoise Pelissier sur le thème « Varier les
contenus de l’atelier »
Pour varier les contenus de l’atelier, les participants de la table
ronde se sont d’abord posé les questions
suivantes :
Quelle
proposition d’écriture ?
Quels outils ?
Quels genres ?
Quelles variations par rapport aux arts ?
Quels lieux ?
Parmi
les questions que nous avons exploré, les différentes suggestions
ou échanges ont porté sur les points
suivants :
Pour varier les
propositions, nous pouvons partir bien sûr d’un écrit, d’œuvres, de
thématiques, mais aussi de déclencheurs, comme par exemple pour
l’écriture d’un projet à partir des mots clés du projet ou de
l’objectif.
Écrire avec la sophrologie, utiliser le rêve, la méditation, un
état d’ouverture et de réceptivité plus intense après une mise en
condition
Écrire avec ou sans les sens (vue, odorat, toucher, ouïe,
goût…)
Écrire avec d’autres intervenants, mêler les arts :
sculpteurs, peintres, musiciens…
Écrire à plusieurs : écriture à plusieurs mains ou texte
rédigé à plusieurs.
Écrire avec la négation.
Écrire avec la musique : les pensées des musiciens…
Écrire autour d’un verre (café, arrière-salle d’un
restaurant…)
Dans
les outils proposés, nous avons
évoqué :
Les collages à
composer (images, photos, mots, dessins…)
Les photos de famille avec un absent, un membre manquant
Les jeux : questions/réponses, mîmes, mouvements, photos avec
différentes attitudes de son animal préféré, texte présenté sous
forme de diaporama
Doublage : écrire des dialogues de doublage pour des
mangas
Les feutres (écrire avec des couleurs différentes, mêler dessin,
calligraphie et écriture…)
La musique : classique, percussions, rythmes africains,
cubains…
Pour varier les
animations, nous avons également
suggéré :
La lecture de
différents supports (BD, théâtre…)
Des retours sur
les textes sous forme d’échanges pendants et après la lecture
Des réécritures collectives des textes proposés par les
participants
Varier
les propositions, c’est aussi varier les lieux d’animations ou
varier les parcours :
Dans des parcs
(sur une pelouse, face à une statue, autour d’un bassin…)
Dans des lieux publics (cafés, jardins, musées,
expositions…)
Il est également possible de responsabiliser les participants
sur
Les thèmes, les
propositions : que peuvent-ils proposer ?
La vie de l’atelier : rythme,
suggestions…
Et enfin, varier les contenus peut également signifier varier le
résultat des ateliers :
Création d’un
journal, d’un blog, d’un spectacle pour mettre en scène les
textes
Animation d’une émission radio avec la lecture des textes par les
participants
Organisation d’une exposition…
Pédagogie
Nous en avons
conclu que varier les contenus, c’est aussi une question de
pédagogie de l’animateur, de sa capacité à s’adapter aux
participants, d’adapter le rythme de l’atelier en fonction de la
progression de l’écriture individuelle de chacun et en fonction de
l’évolution des représentations des participants par rapport à
l’écriture.
L’animateur doit avoir en tête l’objectif de l’atelier qui peut
être différent du résultat final (production d’un texte
abouti).
La pédagogie doit donc s’adapter aux besoins et à la motivation de
chacun, en fonction du type de public (adultes, adolescents,
enfants…) et du type d’atelier (commande ou démarche volontaire,
réalisé dans un contexte scolaire ou en fonction d’un
programme).
L’animateur a pour rôle de pointer le chemin obligé, les étapes de
la progression du texte : le détail juste, les personnages en
position difficile, la vengeance des personnages contre
l’auteur…
Il s’agit également d’accompagner l’évolution des participants par
rapport à la lecture, de pointer le lien entre l’écriture et la
lecture. Mais attention, la pédagogie ne doit pas enfermer
l’écriture dans une approche scolaire (orthographe, linguistique)
mais au contraire permettre à chacun de prendre de plus en plus de
plaisir à écrire.
Compte-rendu
de Marc Lequenne sur le thème « Évaluation de l’atelier
d’écriture »
Un
grand nombre de concepts sont passés en revue. Étymologiquement,
les notions d’évaluation sont liées à celles de valeur
et
de valoriser.
Parmi les principaux critères retenus :
-
Un atelier d’écriture doit favoriser la lecture chez ses
participants. On ne saurait écrire sans lire. Un atelier doit
susciter un appétit de lecture.
- Rendre à l’écriture (et à la littérature) toute sa noblesse et sa
fonction éducative de l’homme tout en la désacralisant.
- Favoriser en fin de compte l’autonomie de l’écrivant, qui doit
devenir son propre lecteur et « évaluateur ».
- Trouver sa voie et sa « voix », sa « petite
musique » intérieure.
Tous ces
critères incluant implicitement le respect de l’écriture des autres
et des règles édictées par l’animateur.
L’atelier peut
et doit être considéré comme un voyage, un pèlerinage
intérieur.
Possibilités de textes-bilans et de questionnaires-bilans à
soumettre aux « participants », à chaud mais aussi après
un temps de maturation, réflexion.
Last but not least : questions d’importance à traiter
ultérieurement
-
Prix d’une séance
- Prix / valeur du « service rendu »
- Rétribution de l’animateur.
Compte-rendu
de Paula Goncalves sur les thèmes « La gestion du
groupe » / « L’évaluation de l’atelier
d’écriture »
L’animateur a une responsabilité par rapport au groupe (l’atelier
réveille chez les participants des émotions).
Intégrer une nouvelle personne dans un groupe dépend du groupe en
question (maximum 9 personnes dans un groupe).
Il est important pour l’animateur de poser des règles (des
limites). Certaines sont communes à tous les animateurs (exemple,
la confidentialité, celui qui n’a pas envie de lire, ne lit pas),
d’autres sont propres à chaque animateur (exemple, l’humour).
Il est nécessaire de dissocier l’écrivant de l’animateur (difficile
d’écrire pendant l’atelier).
C’est différent d’animer des ateliers pour adultes et des ateliers
pour collégiens (une bonne idée de les faire travailler par
2).
Il convient de renouveler les groupes au bout de 3 ou 4 ans
(l’animateur a de la matière pour cette période, après il
s’essouffle).
La plupart des animateurs trouvent que c’est important de faire une
évaluation écrite ou orale en fin d’année avec ce qui a plu, ce qui
n’a pas plu et une question ouverte sur les souhaits du
participant.
Clôture
de la journée
Un dernier
échange entre l’ensemble des animateurs présents permet de conclure
sur les souhaits et perspectives suivantes :
Organiser une rencontre des animateurs d’ateliers d’écriture par
an.
RDV est pris pour 2010, charge aux animateurs présents de convier
deux animateurs à la prochaine réunion, afin de multiplier les
échanges d’expériences.
Rester en contact d’ici là et diffuser la liste des animateurs
présents pour favoriser les échanges et initiatives
spontanés.
Pouvoir être participant ou auditeur des ateliers des animateurs
présents.
Étudier la possibilité de créer un centre de ressources
documentaires et un blog.
Un appel à volontaire(s) est lancé pour la création d’un blog. Dans
un premier temps, le site internet des Mots Migrateurs relaiera les
informations relatives à cette réunion.
Étudier la possibilité de définir une charte des animateurs (statut
et déontologie) qui fasse référence.
Échanger au sujet des tarifs pratiqués et de la rémunération des
animateurs.
Télécharger le
compte-rendu : ici