
Sylvie AZEMA-PROLONGE
95800 COURDIMANCHE
syprolonge@free.fr
Je partage ma
vie entre une profession très prenante et une activité plus secrète
où des paroles construisent des histoires.
Agrégée de lettres classiques, j’enseigne dans un lycée du Val
d’Oise: c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour être au plus près de
la littérature mais l’essentiel de ma vie n’est pas là.
Il est dans un désir d’écrire antérieur à toute chose, mon
incroyable obsession de la trace, du besoin de
« surligner » ce qui se passe autour de moi.
Désagrégée, je cours donc après des moments de pure création,
difficiles à isoler, volés au quotidien. Mais depuis quelque temps,
mes chantiers d’écriture sont en bonne voie de réalisation et j’ai
enfin le sentiment de passer de l’autre côté du monde pour mieux
l’exprimer et le réinventer.
Projets
Reprise et
aboutissement de « chantiers » d’écriture sous une forme
cohérente.
La plupart des textes peuvent s’organiser autour de l’idée
fédératrice de « conversation ».
Proches de l’écriture théâtrale, ce ne sont cependant pas des
pièces mais plutôt des échanges entre deux ou trois personnages,
plus à lire qu’à jouer où doivent éclater des raisons, des
évidences de vivre. Les paroles retenues sont celles qui
surgiraient à la surface d’une eau qui va bouillir, quotidiennes et
essentielles, livrant la ligne de faille de situations très
diversifiées. Elles sont romanesques et poétiques aussi,
« soulignant » ou « surlignant » nos paroles de
tous les jours. Mettre le monde en paroles échangées, telle serait
mon ambition littéraire.
Parmi les premiers sujets et les premières histoires qui ont pu
prendre un corps verbal, on trouvera la folle rencontre de trois
femmes à une exposition artistique, autour de problèmes de salles
de bains et de carreaux, l’ultime conversation d’une concierge,
d’une femme de ménage et d’une nourrice, trois nouvelles Parques,
dans l’escalier après le suicide d’un des habitants de l’immeuble
où elles interviennent, la dernière rencontre entre Milena et Franz
Kafka à une gare frontalière, l’étrange discussion du couple
Eurydice et Orphée au moment de leur remontée des Enfers, jusqu’à
celle entre une examinatrice et une sorte de commissaire sur
l’usage de l’apologue en maison d’arrêt ou celle d’un riverain et
d’un forain devant un chantier de médiathèque interrompu ou encore
de quelques salariés de grand magasin remisés dans un hangar comme
dans un trou à rats. L’intérêt de ce projet c’est qu’il est
inépuisable comme la vie et le monde et que les histoires parlent
d’elles-mêmes.
A côté de ces « Conversations » il y a le projet que
j’appelle « le gros œuvre » : un roman sur
l’impossibilité d’écrire (Les sept
vies de Chloé Sentier)
Bibliographie