Ghislaine Beaudoin : Novembre 2009
Création de textes dans le cadre de l’animation d’ateliers d’écriture
pour Le Foyer Socio-Educatif des Elèves du Collège Jacques Prévert
de Chambly
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Le vent du déracinement …
Tu es bien. Du moins, il te semble. Mais quand même, il te
manque quelque chose …
Tu vois bien que le temps passe et te lasse. Tu attends
seulement que l’on ait besoin de toi…
Mais bien surprenante est la vie parfois !
Une brise t’annonce un message que tu mets du temps à
vouloir comprendre, mais surtout à pouvoir comprendre. Cela
te brise.
Et te voilà dans la tourmente. Tu cherches et tu cherches
de quoi soulager cette monotonie, cette souffrance à
l’infinie. Tu es sur la voie. Tu trouves et tu trouves de
quoi devenir toi.
Puis, vient le temps du changement, comme un vent qui
passe, qui te soulève et t’emporte avec lui. Dois-tu le
suivre ? Tu risques de perdre tes racines, de ne plus
savoir qui tu es …
Pourtant, tu ne peux rien faire d’autre que suivre ce vent
qui t’emmène, bien malgré toi. Voilà que tes bases se
désagrègent. Que vas-tu devenir dans cette tempête où ton
corps vole en éclat ?
Tu dois lâcher prise et t’envoler dans ce tourbillon
venteux qui te porte et te trace un chemin sinueux,
tortueux, onduleux, que tu veux suivre à présent que tu ne
peux plus faire machine arrière. Tu ondules avec lui,
parfois dans la joie mais bien souvent dans la peine de
tous les temps.
Jamais tu n’aurais pensé résister autant. Pour quoi ?
Pour qui ? Même pas pour toi, cela tu as dû
l’apprendre à tes dépens, dans ce déluge, ce souffle
nouveau, cet ouragan.
Tu dois bien admettre néanmoins qu’un changement s’opère et
que tu te sens devenir léger, comme soulagé, oui, une
légèreté mais seulement dans tes branchages parce que le
tronc lui se sent encore lourd et pesant. Tu es secoué dans
tous les sens avec des variantes qui font penser à des
montagnes russes que tu apprivoises fort bien.
Alors tu continues de faire des efforts pour te maintenir
dans ce courant et lâcher prise. Tu y parviens de plus en
plus pour arriver à glisser, surfer sur ce vent sans offrir
de résistance et ne faire qu’Un avec ce qui t’entoure.
Au gré du vent, des rencontres de petits feuillus et de
bois tordus se créent. Toutes sortes d’êtres vivants comme
toi qui font ce qu’ils peuvent pour trouver leur chemin.
Dès fois on s’accroche et puis d’autre fois on se frotte,
un dialogue prend naissance et c’est un sifflement
incessant qui se fait entendre. Puis, le silence devient
nécessaire mais dans cette agitation du temps, chacun doit
apprendre quand, comment et où se poser.
A présent, tu ondules avec lui, parfois dans la peine du
moment présent et bien souvent dans la joie. Ce qui te
permet de trouver le chemin qui mène jusqu’à ton
enracinement et mettre tes racines dans une terre où tout
est fait pour que tu deviennes un arbre magnifique, plein
de vie avec un feuillage lumineux et des rameaux qui
respirent la vitalité mais qui sait rester humble face aux
tempêtes.
Ghislaine Beaudoin
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LA
BEAUTE
Elle existe,
Elle peut faire partie de notre monde,
De notre vie, de ma vie,
Il suffit d’y penser, d’y croire
De la désirer pour enfin la voir,
l’accepter, l’admirer, la regarder,
la vivre, la transmettre, l’offrir,
Mais surtout,
La créer.
Cela peut être un sourire, un geste élégant, un acte
sportif,
La beauté c’est aussi transmettre ses passions,
Venir à la rencontre de l’autre, des autres,
Etre là avec vous,
C’est se sortir d’une situation délicate avec brio,
C’est aussi ce que l’on partage,
Ce que l’on donne et ce que l’on reçoit.
Je fais en sorte qu’elle fasse partie de ma vie.
La beauté,
Je la provoque, chaque fois que cela m’est possible,
Elle me donne de la joie de vivre dans ce monde
qui ne tourne plus rond et qui en a besoin pour s’en
nourrir
et surmonter les moments les plus gris,
les plus ternes que nous vivons parfois accompagnés
ou dans une grande solitude.
C’est pourquoi la beauté est indispensable à notre vie, à
ma vie.
Je vous souhaite de voir, de vivre et de partager
la beauté de ce monde.
Ghislaine Beaudoin